C’est à l’université de Kun Ming en Chine que son initiation à la calligraphie sur papier de riz lui fait prendre conscience de l’importance du geste sur la trace, des variations de l’empreinte par rapport à son support, et de l’équilibre entre le plein et le vide. 

Matisse, Asger Jörn, Richter ou encore David Hockney,  sont parmi ses plus proches références de même que le jardin de Monet à Giverny. Les plus assidus de ses amateurs se seront facilement rendus compte de l’impact que ces artistes ont eu sur ses propres créations. Elle s’inspire de leurs techniques picturales au travers de séries de toiles, étudie leurs pratiques pour mieux les connaître, en tire de nouveaux savoir-faire qui en s’ajoutant les uns aux autres construisent au fil du temps cette touche plurielle qui lui est si personnelle.

Plus récemment, elle travaille ses toiles au rythme du spalter et du couteau, déchire ou découpe des empreintes faites à l’acrylique, réassemble ses propres productions en collages surprenants.

Elle cherche à "reconstituer l’harmonie d’une unité perdue" en réunissant les fragments trompeusement épars de sa pratique.

Ni abstraites, ni représentatives, parfois faussement naïves, les œuvres de  Monik Rabasté ne cherchent pas à imposer sa propre vision, mais plutôt à restituer une émotion tout en laissant au visiteur la liberté d’y superposer la sienne et de découvrir sa propre interprétation.

C’est en suivant cette logique d’ouverture et de partage qui est la sienne qu’elle crée en 1997 le Jardin Atelier qui deviendra plus tard avec l’arrivée de l’association « sillons d’art » l’abri d’autres artistes.  Le jardin est composé à la manière d’une toile en trois dimensions. Elle en a dessiné les lignes, a choisi les textures des feuillages et des plantes et y a dispersé les masses colorées, s’offrant une source d’inspiration qui lui donne l’occasion d’observer le passage des saisons et de puiser dans les variations de la végétation les nuances de sa palette.

Plus qu’un jardin, elle a créé avec ce lieu un atelier ouvert à tous, un espace de rencontres et d’échanges, de découvertes culturelles, aussi bien dans le champ des arts plastiques que dans ceux de la musique, de la philosophie ou de la littérature.

La curiosité, l’apprentissage, la compréhension, la connaissance et le partage sont les leitmotivs de sa pratique. Et la pratique de Monik Rabasté semble être  au-delà de la peinture, une manière de faire et d’être avec laquelle elle a décidé d’appréhender la vie.

Amélie Laplanche.

Le 13 novembre 2014, Monik Rabasté est promue Chevalier de l'Ordre national du Mérite pour 45 années passées au service de la Culture.

L'artiste

Le travail de Monik Rabasté s’est développé depuis sa sortie des Beaux-Arts en 1967 (où elle fut élève de Xavier Langlais) au fur et à mesure de ses  rencontres personnelles et professionnelles, de ses découvertes artistiques et philosophiques, de ses voyages en France et à l’étranger. Elle pratique une peinture décomplexée, nourrie de l’influence des artistes qu’elle admire, des impressions trouvées dans les paysages d’ici et d’ailleurs ; de son goût pour l’aventure humaine et, comme elle le dit elle-même : de l’alchimie de la nature.

 Elle découvre en Suède, où elle vécut deux ans, son intérêt pour la couleur. Dans ces paysages nordiques où l’enchaînement des nuits et des jours est si variable, elle porte son attention sur la lumière naissante de l’aube ou déclinante du crépuscule. Elle réalise par les nuances subtiles du passage de l’ombre à la lumière l’importance du clair-obscur.

En 1993, elle effectue un séjour au Canada pendant l’été indien auprès de l’aquarelliste Américain Zoltan Zabo. Elle y approfondit sa connaissance de la couleur et ses techniques en expérimentant l’impact du pinceau sur les jeux des contrastes maximums ou simultanés.